Marche du 22 Novembre 2017 – HARDT – avec un responsable de l’ONF

Pin Sylvestre – Nous étions 21 participants pour cette balade instructive dans la Hardt Sud. En effet, nous étions accompagnés d’un guide membre de l’ONF, Monsieur BISCHOFF, responsable de l’antenne locale de Rixheim pour la Hardt (ou Harth) sud. Nous avons pu ainsi avoir diverses informations, d’une part sur le rôle de l’ONF et, d’autre part sur les caractéristiques de la forêt.

Les rôles de l’ONF : VALORISER LES RESSOURCES EN BOIS / DYNAMISER LES VENTES DE BOIS / AGIR POUR L’ENVIRONNEMENT ET LE CLIMAT – LUTTE CONTRE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE – PROTEGER LES SOLS ET LES FORETS – GARANTIR L’EQUILIBRE FORETS ET GIBIERS – ACCUEILLIR LE PUBLIC ET GARANTIR SA SECURITE (NB : M. BISCHOFF place très haut cette responsabilité) – ANTICIPER ET GERER LES RISQUES NATURELS – UN ROLE DE PROTECTION DE LA QUALITE DES RESSOURCES EN EAU.

Petite histoire : Forêt royale à partir de 1648, la forêt de la Harth est devenue propriété de l’Etat en 1789 et sa gestion est maintenant assurée par l’ONF. Victime de coupes très importantes pendant les guerres puis après 1945, pour alimenter Strasbourg et Mulhouse en bois de feu, elle fait désormais l’objet d’une gestion durable. Des dépérissements importants dans les années 1990 (attaques d’insectes et de champignons sur les arbres affaiblis par des déficits de pluie), puis la tempête de 1999, ont provoqué de grandes trouées au sein des peuplements qui font l’objet d’une sylviculture adaptée.

Quelques chiffres : elle couvre 13 000 ha, répartis entre Hardt sud et Hardt nord (séparées par le canal de Huningue, chacune est suivie par 4 agents ONF). Forêt périurbaine, elle se trouve aux portes de quatre grandes agglomérations : Mulhouse, Bâle/Saint-Louis, Colmar et Fribourg. Elle s’étire sur près de 30 km du nord au sud, de Fessenheim à la région des « Trois Frontières ». Deux réserves biologiques intégrales (RBI) sont dédiées au suivi de l’évolution naturelle des peuplements. Elle produit environ 25 000 m3 de bois d’œuvre et 20 000 stères pour le chauffage par année. Comparaison : les forêts du Sundgau produisent au moins 2 fois plus de bois à l’hectare (sols plus fertiles et retenant l’eau beaucoup plus que les sous-sols de gravier et sable de la Hardt). Mais les bois de la Hardt sont reconnus pour leurs bonnes qualités, en bois d’œuvre et de chauffage dues à la lente croissance.

En plus, l’ONF gère les baux de chasse. La chasse tue de l’ordre de 800 chevreuils et 2 à 3 000 sangliers par an. La chasse est nécessaire pour l’équilibre forêt-gibier. La faune qu’on y rencontre est constituée d’espèces communes : chevreuils, sangliers, lapins ; mais aussi d’espèces remarquables comme la bondrée apivore, le pic mar, la huppe fasciée, le lucane cerf-volant. Le budget de l’ONF, pour la Hardt est de l’ordre de 1.5 M€ par an.

L’accueil du public est une composante importante dans cette forêt péri-urbaine qui est recensée comme zone de protection spéciale Natura 2000.

Il existe une Voie Verte de bonne qualité qui est une route forestière qui traverse du sud au nord la grande forêt domaniale de la Hardt. Le parcours, agréable et sauvage (en pleine forêt) permet de réaliser des circuits en boucle sur les Voies Vertes de la région, au départ de Mulhouse, Huningue, ou Bâle.

Gestion de la Hardt : pour son suivi, l’ONF l’a découpée en parcelles numérotées de 20 ha, un état de chacune devant se faire tous les 20 ans. Depuis 2003, suite à des expériences non concluantes de plantations, il n’y a plus de coupes rases brutales mais un traitement de la forêt en futaie irrégulière : l’ONF laisse venir les jeunes pousses en favorisant un peu les chênes, les plus vaillantes arrivant à monter : ce qui donne un aspect de taillis sous futaie. Les grands arbres de la futaie (chênes et pins) dominent un taillis constitué de charme, tilleul, érable champêtre. Lors des inspections, l’ONF marque les arbres et arbustes à couper : une croix rouge pour ceux à couper par des bûcherons professionnels et un trait rouge à couper par des privés. Les coupes d’arbres sont décidées par le besoin de place pour les arbres voisins, ou par la dégénérescence menaçante, ou pour supprimer un risque de chute, etc. Pour cela l’ONF établit des contrats avec les uns et les autres, avec obligation de respecter des règles (sécurité du public, nettoyage, évacuation, etc.)

Grand merci à Monsieur BISCHOFF qui nous a accompagnés et a répondu à toutes les questions. On ressentait que c’était un homme passionné. Merci à Georges pour cette initiative. Texte Georges et Dominique.

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